Le pur-sang arabe égyptien
- 14 mars 2025
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Les chevaux arabes égyptiens représentent encore l’arabe originel. Ils constituent le plus grand groupe d’élevage restant de chevaux arabes asils et chaque lignée remonte directement aux chevaux élevés dans le désert d’Arabie.

Aujourd’hui, le cheval arabe égyptien est reconnu comme un véritable patrimoine culturel de l’Égypte. Il préserve l’héritage du cheval arabe originel, élevé dans les conditions exigeantes du désert. L’Egyptian Agricultural Organization (EAO), le haras d’état égyptien, est largement considérée comme l’une des sources les plus pures de lignées d’Arabes Asil au monde.
La noblesse égyptienne a joué un rôle fondamental dans la préservation de ces lignées exceptionnelles. Grâce à des relations étroites avec les tribus bédouines, elle a pu acquérir les meilleurs chevaux du désert. Ces chevaux n’étaient pas seulement élevés avec soin, mais également présentés et éprouvés à Alexandrie et au Caire, après des inspections rigoureuses destinées à garantir leur pureté et leur authenticité.
L’histoire moderne du cheval arabe égyptien débute au XIXe siècle avec Mohamed Ali Pacha, à une époque où l’Égypte faisait partie de l’Empire ottoman. Animé par une véritable passion, il rassembla les meilleurs chevaux du désert et fit construire de somptueuses écuries pour les accueillir. À la suite de sa campagne dans le Nejd, il obtint certaines des juments les plus précieuses de la maison des Saoud dans le cadre d’un accord de paix, renforçant ainsi considérablement la qualité de son élevage.
Son petit-fils, Abbas Pacha, hérita de cette collection exceptionnelle et poussa encore plus loin l’exigence de pureté. Il consigna avec précision les origines de chaque cheval et enrichit le troupeau avec de nouveaux sujets issus du désert. Grâce à la diplomatie et à des alliances stratégiques, il développa davantage encore son programme d’élevage. Un événement marquant fut la libération de Feysul Ibn Saud, récompensée par l’envoi de 290 juments du désert ainsi que d’un groupe remarquable d’étalons.
Après l’assassinat d’Abbas Pacha en 1854, son célèbre haras fut dispersé. Certains chevaux furent acquis par des éleveurs européens, tandis que d’autres restèrent en Égypte sous la responsabilité d’Ali Pacha Sherif, lui aussi passionné par les chevaux du désert. Parmi les figures marquantes ayant contribué à la préservation de ces lignées figure Lady Anne Blunt, dont les voyages à la recherche de chevaux authentiques sont devenus légendaires.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la noblesse égyptienne poursuivit cette tradition d’excellence. Les courses hippiques connurent un essor considérable, et Alexandrie ainsi que Le Caire devinrent des centres majeurs où des éleveurs venus d’Amérique, d’Europe et d’Afrique du Nord pouvaient acquérir des chevaux arabes de grande qualité.
En 1908, la Royal Agricultural Society (R.A.S.) fut fondée afin de protéger ce patrimoine national. Après la chute du roi Farouk en 1952, plusieurs chevaux importants issus du haras royal d’Inshass furent intégrés à la R.A.S., qui devint par la suite l’Egyptian Agricultural Organization (E.A.O.).
Bien que les arabes purs égyptiens ne soient pas nécessairement de meilleurs performeurs que d’autres chevaux arabes de pure race, ils demeurent une source essentielle pour préserver et restaurer les caractéristiques originelles de la race. Des haras d’État tels que Tersk en Russie, Bábolna en Hongrie, ainsi que Janów Podlaski et Michałów en Pologne ont, depuis longtemps, recours à des étalons égyptiens afin d’améliorer et de renforcer leurs lignées.
Les chevaux arabes purs égyptiens sont particulièrement appréciés pour leur endurance exceptionnelle, leur vitesse et leur beauté raffinée, héritées de leurs ancêtres du désert. Ces qualités continuent aujourd’hui de les distinguer et de les rendre extrêmement précieux dans le monde équin.

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